Rubacava... Ville des morts qui connait la vie à toute heure...
Il est tard dans la nuit, ou tôt le matin lorsque nous arrivons, harassés, et en ce qui concerne Jeanne, en piteux état.
Toute la ville est batie autour d'un port situé au pied d'une falaise. De la où nous arrivons, on ne remarque d'abord qu'une construction semblable à un cactus géant ; c'est une cafétéria. A ses pieds, un point de vue donnant sur la ville entière : Je vois le port, où est parqué un immense paquebot ; des chantiers de construction navals ; quelque chose qui semble être une zone d'embarquement pour dirigeable ; un phare ; et plus loin, sur l'autre rive, les habitations des résidents.
"- On va tâcher de trouver un endroit où dormir, et de quoi te soigner."
Alors que nous nous avançons vers la cafétéria, nous croisons un homme, terminant son petit-déjeuner au soleil.
"- Hola amigos, vous venez d'arriver à Rubacava hein !
- A quoi voyez vous cela ? répondis-je.
- Vous êtes tout loqueteux, et c'est pas souvent qu'on croise une jeune femme sans jambes...
- Où pourrions nous trouver quelqu'un susceptible de remédier à ce problème ?
- Hé héhé..... Nulle part, en tout cas à ma connaissance.
- Non attendez, vous n'êtes pas en train de me dire que je ne remarcherai jamais !?
- Au moins vous ne souffrez pas comme un vivant l'aurait fait..... Ou alors....
- Quoi ?
- Vous pouvez essayer d'aller voir Membrillo à la morgue, il pourra peut être avoir des pieces de rechange." Il ajouta au vu de mon air perplexe : "Vous contournez la cafetéria par dessous, c'est le batiment devant la statue, porte du bas..."
Jeanne et moi nous sommes regardés, et comme d'un commun accord, nous sommes descendus, nous avons contournés, et nous sommes arrivés devant ce batiment, au pied de ce pont surplombant la mer des lamentations.
"- Allons y."