Des fleurs, des fleurs partout, et l'odeur de la nature en action... Je ne cesserai jamais d'être impressionné par le fait que les fleurs ne soient que synonymes de mort ici.
Deux bacs à fleurs sont plus fournis, et Membrillo, le « légiste » dirons nous, travaille à leur identification.
Jeanne a apparement de la chance, plusieurs types de membres ont été sectionnés de corps avant de germer, et il y en a d'avance.
Et c'est une Jeanne flambant neuve que je retrouve à la sortie.
- Nous devrions aller à l'embarquement, ils ont peut-être des places pour nous... - Oui, allons-y.
- Palamos Bruno, oui, j'ai votre nom. Vous partirez d'ici quatre mois de Rubacava, à bord du Lamancha, le plus grand paquebot de la Compagnie des Lamentations. Quant à vous Mademoiselle, vous pouvez partir dès maintenant, à bord de ce paquebot, ou d'un prochain.
C'est décidé, Jeanne partira le lendemain dans la nuit ; sa vie a sans doute été plus droite que la mienne... Son bateau acostera à Puerto Zapato, après une traversée d'un an de la Mer des Lamentations. De là, elle devra se rendre aux portes du Neuvième Monde, et y partira trouver le repos eternel.
Je repense à notre rencontre, il y a de cela un an bientôt, aux abords de la foret pétrifiée. J'ai appri à la connaître comme elle a appri à me connaitre, mieux que n'importe qui du temps où j'étais vivant, et elle part maintenant.
Le lendemain, je suis sur le quai, mouchoir à la main, et heureux que le calvaire se termine pour elle. Pour moi, je sens qu'il en sera autrement.
Et voilà. Elle est partie. Que faire quand on est mort, et que l'on a autant de temps à tuer sans aucun but ? Me trouver un emploi ? C'est une idée... Mais auparavent, j'aimerai jeter un coup d'oeil aux fameuses courses de chats dont tout le monde parle ici. Direction le Félinodrome !