- Eh oui mon gars, tu vas me manquer... Et je t'en supplie, ne fais pas comme tous ces avares qui se jettent par dessus bord à la Perle. Dieu seul sait ce qui leur arrive...
Je regardai le paquebot : grand, luxueux, plein à craquer d'âmes en partance vers le portail du Neuvième monde.
- Ne t'en fais pas Velasco, je n'ai pas l'intention de rester éternellement au pays des morts.
- Héhé, moi je vais aller sabrer le champagne, une cliente vient de me payer cash deux billets ! Adieu mon petit gars...
- Adieu Velasco.
Le Lamancha comptait près de 300 cabines individuelles, 400 doubles, un majestueux navire, qui serait ma résidence pendant des mois. Lorsque vint le moment du départ, annoncé par la corne de brume du navire, je faisais depuis le pont mes adieux à Rubacava. Une fine pluie recouvrant la ville. Je contemplais pour la dernière fois les immenses falaises, le félinodrôme, l'Os Farci... Je contemplai le quai : Velasco regardait s'éloigner ce navire dont il était tombé éperdument amoureux...
Depuis le départ de ce bateau, j'avais un étrange pressentiment, l'impression que tout ce qui m'arrivait depuis mon arrivée au pays des morts etait lié... Mais j'avais beau chercher, je ne voyais rien... Mon "agression" était due au culot de Chincilla Charlie et à la destruction du dirigeable par ces guerilleros dont ce Carlos faisait partie, mais pour le reste, je ne voyais pas. Oh les réponses allaient venir, mais j'ignorais quand, et le plus important, dans quelles circonstances.
A l'instant présent, la seule chose dont je pouvais être sûr, c'était que nous ferions une escale de deux semaines à la station Rodriguez, et que nous serions 9 mois plus tard à Puerto Zapato.