Nous voici donc en route. Je dois dire que la majeure partie du voyage se déroula sans encombre : cabines confortables, groupes de jazz, casino, cure de rajeunissement des os pour les plus fortunés. Et finalement, après 5 mois de voyage, nous arrivons à notre escale : la station de plaisance Rodriguez, dotée des plus modernes aménagements du pays des morts !
Mon camarade de cabine, Juanito etait très excité à l'idée de cette escale. Nous avions conversé longtemps, et lui aussi avait eu droit au plus sommaire équipement pour son voyage à travers le pays des morts. Enfin... comme il me le disait souvent, il avait connu un sort plus enviable qu'un de ses amis, (mort en même temps que lui) expédié, lui, par la poste à travers le pays des morts. Il lui rendait souvent "visite", allant parler à son cercueil postal, espérant que Ramirez l'entendait, lui décrivant les lieux traversés, le temps de voyage restant...
Cette île était assez grande, aménagée de buildings équipés d'ascenseurs ! Des casinos, des centres commerciaux, des bars, des terrains de sports... Tout mort passant quelques jours dans le coin n'a qu'une idée : y rester.
L'air est frais, vivifiant, si l'on peut faire un jeu de mot, et tout est si calme. Un autre paquebot part au moment où le notre arrive, laissant le complexe à l'entière disposition des passagers du Lamancha.
Mais alors que je visitais, quelque chose n'allait pas. Cette impression se confirma quand, passant dans un couloir désert de l'hotel principal, une main m'aggrippa et me tira dans une chambre.
- Toi !