
Jour 1 : Nous nous sommes sauvés de la base, Hortensia n'est plus avec nous. Hugo a dit qu'il jurerait de la venger, elle s'est faite germer par Karl. Je l'avais complètement oublié celui-là, dire que la première fois que je l'ai vu il avait l'air si peu sûr de lui, déboussolé, jouait-il un rôle ?
Jour 2 : Nous avons décidé de faire une pause, Weltigger nous a plongé dans le noir hier et nous avons donc pris le temps avec Hugo de mettre au point une technique pour avancer sans risque. Je me demande ce qui a pu lui arriver hier, pourquoi ces fleurs n'ont-elles pu se développer et le tuer. Quoiqu'il en soit, je suis sûre qu'il me cache des choses, après tout ce serait légitime, je ne lui ai rien dit de mon côté sur ce que j'ai appris là bas.
Jour 7 : Hugo essaye de plus en plus d'en savoir davantage sur ce qu'on faisait avec Hortensia dans la base. Dans son état actuel, je ne préfère rien lui dire, il pourrait faire une bêtise. Je lui ai demandé des nouvelles du monde extérieur étant donné que le seul aperçu que j'en ai eu n'est qu'un amas de données, de plans et de manettes. Il m'a dit tout ce qu'il savait, enfin je crois. J'ai réfléchi à tout ça et je commence à vraiment avoir peur, tout le monde veut notre peau, en haut comme en bas. Manque de chance nous l'avons oublié dans le monde des vivants.
Jour 65 : Nous avons bien avancé, mais la voiture n'a pas tenu le choc, un des pneus a éclaté, heureusement nous avons trouvé dans le coffre de quoi faire une rustine, je ne sais pas combien de temps cela va durer. Weltigger continue de nous rendre la vie dure, parfois les lumières se rallument, à pleine puissance, nous éblouissant. Hugo a sursauté la dernière fois manquant d'écraser la voiture contre la paroi du tunnel.
Jour 91 : Hugo est sur les nerfs, jusqu'à maintenant je n'en avais pas la certitude mais là c'est évident : nous nous rapprochons d'une base, je ne sais pas laquelle, mais c'est évident depuis les 3 jours où la même musique tourne en boucle à plein régime dans cette partie du tunnel. Il n'y a qu'au niveau des bases que des hauts parleurs sont installés. Gageons que les portes seront verrouillées.
Jour 116 : La musique s'est enfin arrêtée, nous ne saurons donc jamais où était cette base mais qu'importe, nous nous rapprochons de notre but, c'est un fait. Weltigger doit vraiment être un passionné d'interrupteurs, après le noir total, les flash soudains, le voici qui trouve un nouveau stratagème et j'ai bien peur que celui-ci ne soit le plus efficace : les lumières clignotent continuellement, chacune de façon décalée, il s'en suit un effet d'optique déboussolant donnant la nausée après ne serait-ce qu'une demi-heure de conduite. Nous avons décidé qu'il était temps de réagir.
Jour 117 : Hugo a eu une idée merveilleuse aujourd'hui, avec un trombone et un tournevis issu de notre modeste boîte à outils, il est parvenu à démonter une des lampes du tunnel et à créer un court-circuit. L'effet a été immédiat, une grosse gerbe d'étincelle, puis les ténèbres, ce n'est pas le grand luxe mais toujours mieux que ce clignottement intermittent. Lors du court-circuit nous avons également entendu un sifflement très strident. Sûrement un haut parleur, donc une base non loin d'ici, enfin, à plusieurs dizaines de jour au moins.
Jour 133 : Weltigger a compris la leçon j'imagine, les lumières se sont rallumées de nouveau mais cette fois ci sans désagrément sournoi, je ne l'avais dit à Hugo mais je savais qu'il était possible de contourner notre petit bricolage et que...
_Ana ! C'est ici ?
_P... pardon ? Qu'est-ce qui est écrit, arrête toi veux-tu.
La voiture venait de s'arrêter devant une gallerie perpendiculaire. Un panneau DOWN similaire à celui de la base de la forêt était accroché à l'angle.
_RCV, mais oui c'est là ! Je me souviens, RCV pour RubaCaVa, PF pour la Forêt Petrifiée, et...
_Ne perdons pas une seconde, on prend le strict nécessaire et on se sauve, j'ai hâte de voir la lumière du jour.
_Ou de la nuit.